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Sim-Ville : un projet pour le 1er cycle du primaire

Stéphanie Desranleau, une étudiante au baccalauréat en enseignement primaire et secondaire à l’Université de Sherbrooke, a eu l’heureuse idée de créer un projet d’éducation à la citoyenneté qu’on peut déjà utiliser dans les classes de premier cycle du primaire. Elle accepte de le rendre disponible au milieu scolaire et répond ici à nos questions.


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Comment est né le projet Sim-Ville ?

Sim-Ville est un projet de simulation de la vie politique municipale, d’où son nom. Il a été créé dans le cadre d’un cours, donné à l’Université de Sherbrooke, sur la didactique des sciences humaines au primaire. L’enseignante demandait d’élaborer un outil afin de mieux enseigner l’univers social à une classe de premier cycle du primaire. Cette exigence de base a été le point de démarrage de l’élaboration du projet. Cela dit, lorsqu’un enseignant crée un projet, il y met sa couleur personnelle, ce que j’ai fait.

Quel est le but de l’activité ?

Le projet Sim-Ville vise à simuler en classe la structure d’un gouvernement municipal avec son maire, ses conseillers et, bien entendu, ses citoyens. Les enfants sont amenés, à tour de rôle au fil de l’année, à s’occuper de certains dossiers importants dans la classe tels l’établissement des règles de vie, l’aménagement de la classe, la création et la proposition de projets ou de thèmes à vivre en classe et j’en passe. Le but est de responsabiliser l’enfant en lui fournissant des occasions de démontrer tout son savoir, sa créativité et son sens de l’autodiscipline. À travers ce projet, l’enfant comprend quelle est sa place dans la classe et, avec l’aide de l’enseignant, dans la société.

Comment se déroule le projet ?

Le projet dure toute l’année et se déroule principalement en trois parties. D’abord, une activité d’introduction est proposée dans le guide de l’enseignant. Ensuite, les élèves vivront, à une fréquence bimensuelle, les deux rencontres qui sont vécues par un conseil municipal réel, soit la rencontre préparatoire et la rencontre publique du conseil. Un système de communication est mis en place pour assurer la bonne communication entre les citoyens et les conseillers. Ce système est fort simple : les enfants qui jouent le rôle des citoyens doivent remplir des billets pour formuler une plainte ou une suggestion aussi souvent qu’ils le désirent afin d’améliorer la vie de classe. Finalement, le projet se termine par une activité de clôture qui permet aux enfants de faire un retour sur leurs apprentissages et à l’enseignant de connaître l’appréciation des enfants envers le projet.

Pourquoi avez-vous choisi le thème de l'éducation à la citoyenneté ?

J’aime beaucoup travailler avec des projets et des situations d’apprentissages qui marient plusieurs disciplines et dimensions de la vie scolaire. De plus, je suis très préoccupée par la dynamique d’une classe et les facteurs qui favorisent le respect des règles de vie à l’école. Je suis finalement fermement convaincue que les enfants, si leurs besoins sont comblés et leurs limites respectées, sont capable de faire preuve de discipline sans que l’enseignant ait besoin d’intervenir sans cesse. J’étais consciente que plusieurs manuels scolaires traitent déjà de l’histoire, de la géographie et des différentes sociétés occidentales. Je ne voulais donc pas travailler sur des projets déjà très bien bâtis et approuvés par le ministère de l’Éducation. Toutefois, l’éducation à la citoyenneté, devant être enseignée en univers social, est moins abordée dans les manuels. J’ai donc préféré choisir ce sujet. Il suffisait d’y ajouter mes préoccupations personnelles, mon amour pour les projets interdisciplinaires et de grande envergure, une touche de créativité et une montagne de lectures. Et voilà, Sim-Ville s’est dessiné dans mon esprit.