La population du Québec possède un outil dont l'importance, l'utilité et la force demeurent encore inconnues dans de nombreux endroits au monde. Il constitue un moyen de changement politique, social et culturel dans notre société. Cet outil, c'est le pouvoir pour chaque citoyen d'élire librement ceux qui vont gouverner.
Les fondements de notre système électoral tirent leur substance des principes même de la démocratie. C'est ainsi qu'au Québec :
Ce sont ces valeurs essentielles qui permettent de tenir des élections libres et justes au cours desquelles le peuple se donne des représentants politiques.
Puisqu'en démocratie, le pouvoir appartient au peuple, les citoyens doivent choisir les personnes les plus à même de les représenter. C'est par un vote secret que sont désignés les députés et qu'est choisi l'un des partis politiques pour exercer le pouvoir à l'Assemblée nationale du Québec.
Mais là n'est pas la seule fonction des élections. La population de chaque région en profite aussi pour faire connaître ses besoins et ses propriétés. Elle y voit un moyen de donner son opinion sur la performance des élus du parti au pouvoir ou sur celle des partis d'opposition, ou encore, de signifier son accord ou son désaccord à l'égard d'un projet de société.
Au Québec, notre système politique est un régime parlementaire hérité de l'Angleterre.
Il y a maintenant 200 ans que les Québécois peuvent exercer leur droit de vote. En effet, la première campagne électorale remonte à 1792. Mais cela ne se passait pas comme aujourd'hui ! À cette époque, les élections pouvaient durer plusieurs jours, les partis politiques n'existaient pas, et un candidat pouvait se présenter dans plusieurs comtés à la fois. Certains comtés avaient même droit à deux députés !
Depuis le milieu du XIXe siècle, le mode de scrutin fait en sorte que le plus grand nombre de votes permet l'élection d'une seule personne par circonscription, lors d'un scrutin qui est tenu le même jour à l'échelle de tout le Québec.
Dans notre histoire politique, la démocratie a subi quelques accrocs. Ainsi, pendant longtemps, le droit de vote a été lié au sexe, à la propriété ou à d'autres critères. Par exemple, à une certaine époque, le droit de vote était réservé aux propriétaires et à certains locataires seulement. De plus, les femmes québécoises ont perdu leur droit de vote en 1849 et ne l'ont récupéré qu'en 1940. Ces problèmes n'existent plus chez nous, mais subsistent malheureusement à différents endroits dans le monde.
De nos jours, toute personne de citoyenneté canadienne de 18 ans et plus et domiciliée au Québec depuis six mois peut voter ou se porter candidate à une élection.
Le droit de vote est d'une importance capitale. C'est un instrument de communication essentiel entre la population et le gouvernement. C'est aussi un privilège que nous possédons et nous avons le devoir de l'utiliser. Car plus il y a de citoyens qui participent aux élections, plus la démocratie est en bonne santé.
Un parti politique est un regroupement de personnes composé d'une ou d'un chef et de plusieurs membres qui défendent les mêmes idées de base. Leur but est d'obtenir le pouvoir et de former le gouvernement.
Il y a plusieurs partis politiques au Québec. Certains sont très connus : le Parti libéral du Québec, le Parti Québécois, l'Action démocratique du Québec; d'autres le sont moins : le Parti Égalité, le Parti Vert du Québec.
Ces partis ont un programme politique dans lequel ils proposent certaines idées; pendant la campagne électorale, ils demandent à la population de les appuyer. C'est alors qu'ils présentent des candidats dans les différentes circonscriptions en vue de les faire élire. Le jour du vote, les électeurs choisissent parmi ces personnes qui sera leur député.
Afin que tous les citoyens soient bien représentés à l'Assemblée nationale, le territoire du Québec a été découpé en 125 parties. Ces divisions sont appelées circonscriptions.
Les circonscriptions sont définies d'après différents facteurs. En général, elles contiennent à peu près le même nombre d'électeurs. Elles sont délimitées de façon à respecter les barrières physiques naturelles ou celles créées par les gens. Ainsi, les limites d'une circonscription sont parfois déterminées par une rivière, ou encore une autoroute, des voies ferrées, les limites d'une municipalité.
Finalement, on tente de regrouper les citoyens en tenant compte des préoccupations et des caractéristiques sociales qu'ils ont en commun, de façon qu'ils aient le sentiment de faire partie d'une communauté homogène.
Actuellement, le Québec compte 125 circonscriptions qui portent toutes un nom différent.
Chaque circonscription est représentée à l'Assemblée nationale par une seule personne : le député. Le mode de scrutin utilisé au Québec permet au candidat ayant obtenu le plus de votes dans une circonscription de devenir député.
Si l'on veut que les élections soient justes et équitables, il faut établir certaines normes et certains principes qui s'appliquent de façon uniforme à tous. Ces principes sont contenus dans la Loi électorale. La Loi définit les règles du jeu d'une élection et réglemente aussi le financement des partis politiques. Entre autres, elle permet à tous de se porter candidats : aux pauvres comme aux riches. Elle empêche une personne de voter deux fois, et les grosses entreprises ne peuvent pas « acheter » un parti politique et le contrôler. Cette loi est très efficace. Elle a assaini nos mœurs politiques et garanti la tenue d'élections honnêtes. Les dispositions de la Loi électorale du Québec sont reconnues par plus d'un pays comme étant d'une grande équité.
Le directeur général des élections du Québec est la personne désignée par l'Assemblée nationale pour administrer cette loi. Il est en fait gardien de la démocratie au Québec. C'est pourquoi son rôle est si important.
Sa tâche consiste à :
Jetons maintenant un coup d'œil sur le déroulement des élections au Québec.
Voici les étapes les plus importantes de la période électorale :
L'annonce des élections est faite par le premier ministre. Il en fixe le moment à sa guise. Cependant, le délai entre deux élections ne doit pas dépasser cinq ans. Cette annonce sonne le branle-bas de combat. C'est une période intense d'activités multiples autant du côté du directeur général des élections que du côté des partis politiques.
Une période de quelques jours est prévue afin de corriger les erreurs ou les omissions qui se sont produites lors de la confection de la liste électorale : c'est la révision.
Dans chacune des 125 circonscriptions, des femmes et des hommes décident de se porter candidats pour l'un ou l'autre des partis. Le jour du vote, l'électeur aura donc un choix à faire entre ces personnes, mais une seule d'entre elles sera élue.
Dans le but de faire élire le plus grand nombre possible de leurs candidats, les partis politiques inondent de leur publicité les postes de radio et de télévision, les journaux et les panneaux-réclame. Les chefs s'affrontent, les candidats visitent les électeurs de porte en porte. Partout au Québec, c'est la grande euphorie de la campagne électorale. Le directeur général des élections doit veiller à ce que tout se passe dans le respect de la Loi électorale.
Afin que tout se déroule comme prévu au moment du scrutin, il faut veiller à la préparation matérielle des bureaux de vote. Dans chaque circonscription, on prend donc les dispositions nécessaires afin que les noms de tous les candidats d'une circonscription apparaissent sur le bulletin de vote. On doit aussi s'assurer d'avoir à sa disposition tous les outils indispensables pour l'élection : les tables, les boîtes de scrutin (urnes), les bulletins de vote, la liste électorale, les isoloirs et les crayons.
Dans chaque bureau de vote, plusieurs collaborent au déroulement de l'élection. Le responsable du bureau de vote s'appelle le scrutateur. Cette personne est assistée d'un secrétaire. Tous les candidats peuvent avoir un représentant qui vérifie si tout se passe bien.
Dès 9 h 30, l'électeur peut se présenter au bureau de vote. Il s'identifie, prend le bulletin de vote qui lui est remis et se dirige vers l'isoloir. Il inscrit alors une marque dans le cercle situé à la droite du nom du candidat de son choix. Après avoir voté, l'électeur dépose son bulletin de vote dans la boîte de scrutin. Personne ne peut savoir pour qui il a voté. Son vote est secret.
À 20 h 30, on ferme tous les bureaux de vote. Le scrutateur compte les bulletins de vote en présence du secrétaire et des représentants des candidats.
Le parti politique qui fait élire le plus grand nombre de députés forme le gouvernement. Le chef de ce parti devient donc le premier ministre du Québec. De façon courante, on dit des députés élus qui sont d'un autre parti politique qu'ils sont dans l'opposition.
Ainsi, c'est la population qui décide. Par la structure même du système électoral québécois, le peuple du Québec choisit librement ses représentants.
Mieux vaudrait ne jamais perdre de vue l'importance du droit de vote. C'est une grande chance que de pouvoir exprimer notre opinion sur les décisions que prennent nos élus. Le fait de voter constitue en quelque sorte le premier jalon de la participation d'un peuple aux affaires publiques.